lundi 5 octobre 2026
Le marché du jardin en 2025, retour sur le nouveau panel distributeur
Le nouveau panel distributeur, co-construit par la Fédération des jardineries et animaleries de France et la Fédération des magasins de bricolage, livre une photographie consolidée et mensuelle du marché du jardin. Appuyé par des partenaires spécialisés (NielsenIQ, ECDB) et une nomenclature commune élaborée par les équipes métiers, ce dispositif vise à fournir des chiffres fiables et actionnables pour les enseignes, les fournisseurs et les pouvoirs publics. Voici les enseignements clés pour 2025.
Méthodologie et couverture du panel
Le point central du dispositif est la création d’une nomenclature commune, permettant de comparer finement les ventes entre circuits (jardineries, grandes surfaces de bricolage, grande distribution alimentaire, e-commerce).
Les sources utilisées sont :
- remontées agrégées des enseignes pour jardineries et GSB ;
- flux GSA issu du panel Total Store Report (TSR) de NielsenIQ, adapté pour intégrer les hypermarchés et supermarchés à la nomenclature ;
- données e-commerce issues d’ECDB, fondées notamment sur des analyses de flux de paiement (CB, Mastercard, etc.) pour suivre marketplaces et pure players ;
- chantier en cours avec Ecomaison pour couvrir le discount, actuellement angle mort du panel.
Le périmètre couvre aujourd’hui environ 1 900–2 000 points de vente de jardineries (près de 70 % de la surface commerciale du secteur) et une très forte représentation des GSB (≈ 97,5 %). Au total, le panel suit plus de 9 000 magasins physiques et fournit un suivi mensuel par catégorie.
Taille et dynamique globale du marché 2025
Selon les estimations consolidées du panel, le marché jardin atteint environ 8,5 milliards d’euros en 2025, restant globalement stable par rapport à 2024 (-0,3 %). Toutefois, cette stabilité masque des trajectoires contrastées selon les circuits :
- jardineries : −2,3 % ;
- grandes surfaces de bricolage : −0,9 % ;
- internet : surperformance par rapport au marché global (croissance notable, mais inférieure à la moyenne e-commerce nationale).
Focus par grandes familles de produits
Végétal
Le végétal se montre résilient et globalement stable (+0 %). Une forte croissance des fleurs coupées (+10 %) est observée, portée majoritairement par la grande distribution alimentaire, mais son impact sur le total reste limité du fait de son faible poids relatif.
Entretien du jardin
L’entretien recule d’environ 2 %, une baisse largement expliquée par la contraction des ventes d’outils motorisés (-4,7 %), qui pénalise l’ensemble du rayon. Un effet de base intervient également : la variation annuelle est sensible quand les performances de référence sont atypiques.
Aménagement et décoration extérieure
Ce segment progresse d’environ +1 %. À l’intérieur de cette famille, les loisirs au jardin enregistrent une belle performance (+3,8 %), portée par :
- articles de plein air : +9 % ;
- mobilier de jardin : +3 % ;
- cuisson extérieure (barbecue, etc.) : stable (~0 %).
Rôle du canal internet
Internet joue un rôle stratégique, particulièrement sur les produits volumineux ou nécessitant une livraison : le mobilier de jardin, estimé à ~850 M€, réalise environ 35 % de son marché sur Internet (≈ 300 M€). Le panel distingue les ventes réalisées via marketplaces/pure players (circuit internet) des ventes « en propre » réalisées sur les sites des enseignes (comptabilisées côté GSB/jardinerie).
Implications pour les acteurs
- Enseignes physiques : la robustesse du végétal est un atout, mais la faiblesse des outils motorisés invite à revoir offres, assortiments et politiques de stock.
- E-commerce et marketplaces : la part significative sur le mobilier confirme l’importance des capacités logistiques et de livraison, ainsi que des opérations commerciales ciblées.
- Fédérations et pouvoirs publics : disposer d’un panel consolidé renforce la légitimité des fédérations pour porter des analyses sectorielles et dialoguer avec les instances publiques.
Limites et axes d’amélioration
Les données présentées sont des estimations consolidées issues du panel. Quelques limites subsistent : la couverture du discount est encore partielle et nécessitera des compléments via Ecomaison ; certaines variations peuvent résulter d’effets d’assortiment ou d’effets de base, notamment en GSA. Pour des analyses détaillées, les tableaux de bord mensuels fournis aux adhérents restent la référence.
Conclusion
Le panel distributeur apporte une vision plus fine et plus réactive du marché du jardin en France. Si le chiffre global 2025 affiche une stabilité relative, les disparités par circuit et par rayon sont marquées : déclin des ventes dans certains segments physiques, croissance du e-commerce sur des catégories logistiques, et résilience du végétal. Ces enseignements doivent alimenter les stratégies d’assortiment, de prix, de logistique et de représentation sectorielle.