mercredi 30 septembre 2026
La colonne vertébrale du jardin
Le végétal, socle du marché du jardin
On vend rarement une bêche, un engrais, une tondeuse, du terreau ou un robot de tonte pour eux-mêmes. Il faut d'abord une envie de planter, cultiver ou entretenir un espace vert. Cette envie-là, c'est le végétal qui la porte. Toutes les familles de produits en dépendent, l'outillage comme le motorisé, l'aménagement comme la décoration. Le végétal est donc un baromètre important pour nous tous dans les métiers du jardin. Et nous nous devons de suivre ses mouvements de près chaque année.
Chaque famille de produits a ses hauts et ses bas d'une saison sur l'autre. Le végétal, lui, reste le repère stable, celui qui fait démarrer tout le reste. Mais si la plante coince, comment vendre le matos qui va avec ? Ca a été le cas cet été…Si le gazon ne pousse pas, pas besoin de sortir la tondeuse. Le robot de tonte, aussi sophistiqué soit-il, ne sert à rien si l’herbe n’a pas poussé depuis la dernière coupe. C’est basique et imparable !
Bref, dans le jardin, le végétal, c’est vital… Pour reprendre un vieux slogan de derrière les fagots !
2024, un marché à plusieurs vitesses
Direction 2024, on remonte un peu dans le temps ! Le marché global recule de 6 %, 4 % une fois l'inflation corrigée. Et on passe sous la barre des 8 milliards, à 7,7 Md€ précisément. Pas terrible ! Nous étions tellement prêts à franchir la barre des 10 millions… On peut rêver !
Cette année-là, plusieurs familles progressent. Le motorisé avance de 5 %, l'entretien du jardin de 3 %. D'autres reculent. Les plantes d'extérieur perdent 3 %, les plantes d'intérieur 1 %. Le loisir jardin dévisse de 14 %, l'aménagement extérieur de 10 %, l'équipement de 9 %, la décoration de 8 %.
Malgré ce recul, le végétal pèse toujours 25 % des 7,7 Md€. Une résilience qui compte, même dans une année compliquée. Les jardineries limitent la casse à -4 %, mieux que le marché global, en bonne partie grâce aux ventes de plantes.
Si vous vous souvenez, 2024 fut une année pluvieuse ! S’il pleut, le gazon pousse et la motoculture se vend bien. Mais si le ciel est gris, on ne sort pas les salons de jardin. Là, ce n’est pas le végétal, c’est la météo. Cela dit, s’il pleut, inutile d’aller dehors pour planter et installer des petites fleurs… Notre métier est tellement simple !
2025, le végétal reprend de la vigueur
L'année suivante, c’est un peu différent. Le marché recule encore, de 2 % cette fois, à 7,6 Md€. Quatrième année de baisse d'affilée, quelle galère. Les plantes d'extérieur, elles, affichent la meilleure performance de l'année, entre +1 et +2 %. Idem pour les produits de traitement et les terreaux.
D'autres familles marquent le pas. L'équipement recule de 4 %, les aménagements extérieurs de 7 %, et le motorisé connaît un net ralentissement à -13 % après une belle année 2024.
La météo, comme d’habitude, a joué son rôle avec un début d'année favorable. Bon c’était moins cool ensuite. Le second semestre avait été plus instable et le rebond d'octobre trop faible pour inverser la tendance. Les ménages arbitrent aussi en faveur de l'épargne. Parallèlement, l’immobilier stagne et limite mécaniquement les créations de jardins.
Au fil des ans on y voit plus clair, si la météo est adaptée, on plante, si on plante, tout le reste progresse… C’est de plus en plus limpide !
Ce que veulent les jardiniers amateurs ?
Une fois qu’on a capté ce duo météo/végétal, reste à demander les compléments à notre consommateur !
Près de 60 % des Français ont un jardin, et 85 % de ceux qui ont un extérieur y ont mis les mains. Une base de clients énorme, mais de plus en plus exigeante. Pas faute de terrain de jeu, en tout cas.
L'enquête Promojardin-Promanimal menée en trois vagues auprès de 2 556 répondants, entre juin et août 2026, donne des pistes claires sur ce qui les fait bouger, ou pas…
61 % des Français veulent plus de végétal dans les rues et les espaces publics. C’est super, mais 17 % seulement dans les jardins privés. Heureusement, 47 % voient le végétal comme une solution au changement climatique dans dix ans.
Côté freins, 43 % citent le prix en premier, 26 % la facilité d'entretien. Simplicité et prix, deux mots qui devraient parler à toutes les familles de produits, sans exception. Personne n'est à l'abri d'un consommateur qui cherche à se faciliter la vie plutôt qu'à s'équiper davantage.
Canicule, accélérateur ou repoussoir ?
Pour 2026, on y est encore, vous avez vu les dégâts…
Cette question de chaleur revient sans cesse depuis deux étés. Lors des prochaines JdC Garden Trends en mars 2027, nous serons peut-être déjà en période de canicule ? Si vous aviez un doute sur notre météo-dépendance, vous pouvez le lever de ce pas !
Bon, ça fait un paquet de chiffres à ingurgiter et à analyser tout cela. Mais pour simplifier, le marché du jardin repose sur deux socles importants.
D’une part la météo, d’autre part le végétal et toutes les valeurs qui y sont liées.
Parallèlement, notre consommateur qui a moins de sous à dépenser, cherche encore à s’émerveiller devant une fleur ou une déco. Et il est en plus très conscient du rôle indispensable du végétal pour se protéger du changement climatique.
Et alors ???
S’il fallait résumer nos futures réflexions, on pourrait les traiter de la façon suivante :
- Végétaliser nos gammes et nos communications
- Simplifier nos discours
- Avoir une proximité plus forte avec nos clients.
Pour la météo, laissez tomber, pour l’instant, on ne maitrise pas. On peut juste anticiper la chaleur et s’en protéger dans nos bureaux et nos points de vente.
Le végétal reste le socle de nos métiers. Les autres familles montent ou descendent autour de lui selon les années. Quel modèle économique pour les distributeurs et fabricants qui ne vivent pas que de plantes ? Sacrée question, je vous laisse creuser avec moi pour trouver une réponse vaguement satisfaisante.
On en reparle dans les prochains articles… Plus tard dans la saison, avant d’aborder le sujet lors d’une conférence aux JdC Garden Trends 2027. Le but n'est pas de faire peur à une famille de produits en particulier. Juste de remettre le végétal au centre de la réflexion, là où il a toujours été.
Président de Promojardin-Promanimal
Sources
Étude Promojardin / Les Echos Études
Univers Habitat, bilan du marché du jardin 2025
Promojardin-Promanimal